Sézanne, un soleil en Champagne


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Sézanne et l'Histoire

Au Paléolithique, des hommesauraient déjà habité la région de Sézanne. Plus tard, on retrouve avec certitude les traces d'une agglomération importante à l'époque gallo-romaine. Les grandes invasions barbares des III ème et IV ème siècles détruisirent complètement cette cité ; si elle se reconstruisit par la suite, elle ne restera, jusqu'au X ème siècle qu'un simple petit village.




A partir du XI ème siècle, la ville commença à prendre de l'importance avec la fondation d'un monastère , la construction d'une église vers l'an mil (St Julien, à l'est de l'actuelle église St Denis) puis la construction d'un château et de fortifications par Thibaud 1er, Comte de Champagne, puis la création de deux grandes foires, l'une vers la St Nicolas, l'autre vers Pâques.

Au cours du XII ème siècle, trois églises furent construites (St Nicolas sur l'actuel Champ-Benoist, St Pierre à l'emplacement de l'actuel quartier St-Pierre et Notre Dame à l'extrémité de l'actuelle rue Notre Dame près du carrefour de l'avenue de la Résistance) et jusqu'au milieu du XIII ème siècle, sous l'impulsion des Comtes de Champagne, Sézanne restera une des plus florissantes villes de Champagne.

Le milieu du XIII ème siècle fut marqué en France par la reprise en main du pays par le pouvoir royal (régence de Blanche de Castille et règne de St Louis) ; détruite en 1230, Sézanne fut reconstruite puis rattachée à la couronne, mais elle ne retrouva plus sa splendeur passée.


Au début du XIV ème siècle, la Guerre de Cent Ans (1337-1453) ruina la Champagne. La région de Sézanne fut régulièrement pillée par les Anglais. Grâce à ses fortifications elle résista jusqu'en 1424, date à laquelle elle fut prise et en grande partie détruite.

À la fin de la guerre de Cent Ans, la région était dévastée et certains villages avaient disparu complètement comme le Bricot-la-Ville dans la forêt de la Traconne.

La paix retrouvée, la ville reprit le chemin d'une relative prospérité. En 1480, on retrouve une industrie assez florissante notamment dans le travail du cuir et le commerce des draps. Si les cultivateurs étaient peu nombreux, les vignerons formaient la majorité de la population des faubourgs.

Un des fléaux endémiques du Moyen-âge fut la lèpre. A Sézanne, les lépreux étaient cantonnés à la "maladrerie " située dans l'actuel quartier du Poncelot. Autre calamité du Moyen-âge, la peste ravagea la région à plusieurs reprises de 1544 à 1592.




La première moitié du XVI ème fut en France marquée par la montée de la Réforme (1517, proclamation de Wittenberg par Luther). En 1528, on notait la présence de plusieurs foyers protestants dans la région de Sézanne, notamment au Thoult, au Gault, à Champguyon, aux Essarts-les-Sézanne, à la Noue et même à Sézanne. Pendant les Guerres de Religions (1562-1598), les bandes armées des deux camps ravagèrent la région, notamment de 1567 à 1578. En 1592, Henri IV, poursuivant les ligueurs resta un mois à Sézanne.

De la fin des Guerres de Religions à la première moitié du règne de Louis XIV (révocation de l'édit de Nantes en 1685), la France et la région de Sézanne connurent une certaine prospérité marquée seulement par le grand incendie de 1632 qui détruisit une grande partie de la ville et le passage, après la fronde (1649-1650), de 8000 mercenaires allemands appelés en renfort par les ennemis de Mazarin.

En 1678, Louis XIV passa une semaine à Sézanne.

En 1725, Marie Leczinska qui venait d'épouser par procuration Louis XV passa une nuit à Sézanne (actuelle étude de M° Vignier).

La fin du XVIII ème siècle, sous le règne de Louis XVI, vit la démolition des fortifications de Sézanne et le comblement de ses fossés qui constituent les actuels mails.


A la veille de la Révolution, Sézanne était toujours une ville de moyenne importance, chef-lieu d'un bailliage de 121 paroisses. La Révolution se passa sans trop de heurts. Un sézannais, Thuriot de la Rosière, pris une part active à la prise de la Bastille et à la condamnation de Robespierre. Un seul Sézannais, le citoyen Chartier, ami de Marat, fut guillotiné à Paris.

Les biens religieux furent vendus par la municipalité et reconvertis (l'Hôpital fut transféré au couvent des Recollets où il se trouve toujours) ou détruits ; seule l'église St-Denis resta dédiée au culte.

Le Consulat (1799-1804), avec la constitution de l'an VII qui réorganisait l'administration départementale, porta un coup fatal à Sézanne. De chef-lieu de district, donc centre administratif important, elle fut reléguée au simple rang de chef-lieu de canton rattaché à Epernay avec laquelle elle n'avait eu jusqu'alors de rapport historique, géographique ni coutumier.




L'Empire (1804-1815), ne marqua réellement Sézanne que par les deux campagnes de 1814 et 1815 dont les différents protagonistes, dans leur flux et leur reflux passèrent par Sézanne. A noter que Napoléon dormit une nuit à Sézanne (au n° 3 de la place du Champ-Benoist) en 1814 avant de remporter la victoire Champaubert au nord de Sézanne.

Pendant le règne de Louis-Philippe (1830-1832), Sézanne faillit redevenir chef-lieu d'arrondissement mais la création d'un sixième arrondissement marnais échoua de peu.

A noter en 1836, la création par M. Berthiot, au moulin St-Hubert, d'un atelier pour la fabrication de lunettes qui allait devenir l'actuelle BBGR.

La Seconde République (1848-1852) vit la plantation d'arbres de la liberté notamment place de la cave-au-lard qui allait devenir place de la liberté. Au cours des événements de 1848, à Paris, un chirurgien d'origine sézannaise, le Docteur Huguier, s'illustra dans l'exercice de son métier.

Le Second Empire de Louis Napoléon (1852-1870) fut pour la région une période calme.


Après la défaite 1870, Sézanne est occupée par les Allemands qui cantonnent près de la gare, remplacés en 1873 par deux régiments de cavalerie française.

En 1872 fut achevée la ligne Romillly-Epernay par Sézanne puis 1874 la ligne Sézanne-La Ferté vers Paris et plus tard, en 1885, Sézanne-Vitry le Francois.

Le début du siècle, avec la municipalité L. Jolly, voit comme partout en France des progrès matériels s'accomplir avec le pavage de nombreuses rues, la construction d'égouts, le début des travaux d'adduction d'eau venant de sources de Verdey.

En 1908, une usine de terre réfractaire s'installe à Sézanne ; elle deviendra la SEPR.

En 1913, un hangar à avions est inauguré.




La guerre de 14-18 épargnera la ville de Sézanne ; la ligne de front s'arrêtera à La Villeneuve-les-Charleville, Talux-St Prix, Mondement. Pendant la première bataille de la Marne, le commandement de la V° Armée s'installera au collège.

L'Entre-deux Guerres voit s'accentuer le progrès avec l'électrification de la ville en 1925 (l'éclairage public restera au gaz) mais aussi la ruine de petits épargnants avec les scandales de la Gazette du Franc, du courtier Pacquement ou de la banque Petitpas.

Le 10 mai 1940, les abords de la gare, le carrefour de Retortat et le Château de Mondement sont bombardés. A partir du 20 mai, des flots de réfugiés belges, ardennais puis rémois traversent la ville. Le 13 juin, des blindés allemands entrent dans Sézanne en partie évacuée. L'occupation allemande se passera sans trop de heurts. En juin 1944, le Maréchal Pétain, de passage à Sézanne, dînera à l'Hôtel de France. Les Allemands quitteront Sézanne le 27 août 1944, poussés par les Américains qui se dirigent vers les Ardennes où les attendent encore de violents combats.